Les
peintures de Jacques Courtens ont de quoi perturber, tant
elles débordent par leur conception et leur thématique,
limaginable et limaginé.
Elles plongent le spectateur dans un monde où la félicité coudoie
la tourmente, où langoisse alterne avec lapaisement et le
bonheur, où la sensualité et la volupté animent lesprit
et le corps de ces figures allongées ou sautillantes, couchées
ou dansantes et où, dans un tourbillon frénétique dallégresse,
de tristesse, dinsouciance et de peur, la vie rencontre la mort et la joie
la terreur.
Comme on le constate, il y a de la contradiction dans ces peintures, et cest
elle qui crée des tensions pulsionnelles qui, chez le regardeur, provoquent
les moyens de découvrir lespace et laventure, la sorcellerie
et lamour.
Noublions pas que Jacques Courtens nest pas simple
créateur dimages qui jaillissent de la nuit subconsciente et sont
ensuite rigoureusement structurées par la qualité colorée
et formelle jusquà devenir expression de valeur.
Jacques Courtens
est tout dabord un peintre dune inspiration vibrante, lequel crie
la vérité réelle des profondeurs et ramène à la
clarté solaire, la pêche attrapée au fond des abîmes.
Et cette pêche est celle dobsessions qui nous concernent tous, qui
sont les nôtres, celles-là mêmes que nous dissimulons, maquillons,
transcendons par le fol espoir du désir.
Ainsi luvre de Jacques Courtens est née dune vision
ascétique et anachorète de lart, dune vision qui fait
de lui un prophète dont la voix ne se perd pas dans le désert.
Car cette voix, elle est écoutée de nous tous, parce quelle
crie notre folie avec la plus absolue logique plastique.
Richard
Audry,
journaliste, critique dart - 1979 |